RÉPONSES À UNE TRADUCTRICE QUI SOUHAITE DÉMARRER SON ACTIVITÉ

RÉPONSES À UNE TRADUCTRICE QUI SOUHAITE DÉMARRER SON ACTIVITÉ

RÉPONSES À UNE TRADUCTRICE QUI SOUHAITE DÉMARRER SON ACTIVITÉ

J’ai récemment reçu quelques questions d’une traductrice qui, après plusieurs années passées en agence, a décidé de sauter le pas et de devenir traductrice à son compte. J’ai pensé que cette série de questions-réponses pouvait être utile pour toutes les personnes qui souhaitent se lancer, ou pour les étudiants qui hésiteraient à devenir indépendants une fois leur diplôme en poche.

– As-tu fixé tes prix avant de démarrer ? Sur quelle base ? Je pense pouvoir demander plus maintenant avec l’expérience que j’ai acquise en agence mais je voudrais aussi être sur le prix du marché….

Oui, j’ai fixé mes prix avant de démarrer. Personnellement, j’ai calculé mes prix sur le salaire mensuel que j’espérais obtenir après cinq années d’étude et à présent plusieurs années d’expérience. En agence, les prix sont souvent tirés vers le bas, l’idée est d’essayer de trouver des clients directs par la suite pour améliorer son rendement. En direct, comme il n’y a pas d’intermédiaire, c’est directement dans ta poche.
Petite astuce : comme l’agence te demandera certainement de baisser ton prix au départ, demande un peu plus. Tout est dans l’art de la négociation aussi, et ça s’apprend. Il faut arriver à fixer un prix ni trop bas ni trop élevé.
Pour fixer le prix, il suffit de calculer le nombre de mots que tu comptes traduire par jour puis par mois (en prenant compte des heures « mortes » passées à facturer, prospecter, gérer l’admin, etc.).
Soustraie les charges pour calculer ton salaire en net.
Il existe aussi un outil de calcul des tarifs pratiqués sur ce site :http://search.proz.com/employers/rates.

– As-tu un compte bancaire spécial pour ton activité ?

Non, car ce n’est pas obligatoire quand tu es autoentrepreneur. Ton banquier va peut-être vouloir te vendre un compte pro, mais avec ce régime, rien ne t’y oblige. Il faut compter minimum 50 euros par mois pour quels avantages ? À part une administration plus simple de ton budget, ça ne vaut pas forcément le coup. Par contre, crée-toi un compte Paypal : si tu dois travailler avec des clients hors UE, tu vas payer des frais bancaires exorbitants. Avec Paypal, c’est moins cher. Et puis créer le compte ne te coûte rien et aura l’avantage de plaire à certains clients qui plébiscitent ce moyen de paiement.

– La création d’une page Web est-elle nécessaire ? Est-ce que c’est payant quand c’est sous forme de blog ?

Pour trouver des clients, l’essentiel est de maximiser sa visibilité pour qu’on te trouve. Après, avoir un site statique n’est pas très intéressant car il ne sera jamais mis à jour et sera bien souvent obsolète. C’est un peu comme une vitrine de magasin. Le client la voit mais ne va pas forcément entrer ni acheter quoi que ce soit. Je te conseille plutôt de créer un profil sur les annuaires de traducteurs comme Proz et de t’inscrire à Twitter/FB pour réseauter avec les traducteurs et agences. Avec Twitter, tu vas pouvoir entrer en contact avec de nombreux professionnels comme toi, et te faire connaître voire tisser des liens. Si tu as le temps pour un blog, c’est aussi une bonne solution, mais il faut anticiper la charge de travail qui t’attend.
Un site est payant si tu as une adresse en .com, .fr etc. (= un nom de domaine), mais le prix n’est pas très élevé (30 euros par an). Pour franchir le cap, tu peux te référer à des hébergeurs tels que OVH.

– As-tu acheté des livres spéciaux genre « comment devenir traducteur indépendant ?

J’ai lu et continue à lire de nombreux blogs sur la question et c’est vraiment utile. J’ai aussi acheté des livres sur le marketing et la prospection car ce sont des compétences que je n’avais jamais apprises ni à l’université ni en stage. Pour commencer, je te conseille un ouvrage rempli d’astuces pour se lancer : c’est un peu la bible des traducteurs qui souhaitent créer leur entreprise. Il s’agit du livre How to succeed as a freelance translator de Corinne McKay.

– Es-tu inscrite à des associations de traducteurs ?

Non, mais j’y compte bien. Pour le moment, je suis inscrite sur Proz et j’ai un compte « pro », qui me permet de connaître la réputation des agences avant de travailler avec elles (mauvais payeurs par ex.) pour éviter les arnaques. J’ai aussi accès à un système intégré de facturation qui me permet de gérer ma facturation simplement et de ne pas passer à côté des impayés ou retards. Je te le conseille les premières années, même si c’est un peu cher.

– Quels logiciels me conseilles-tu d’avoir pour me lancer ?

Je te conseille SDL Studio 2014 (c’est la dernière version). Si tu as la version 2009 ou 2011 tu devras acheter une mise à jour et non la version complète. C’est beaucoup moins cher. Je ne conseille pas de « cracker » les logiciels.
Tu ne le sais peut-être pas encore, mais il est courant que les agences de traduction fournissent une licence gratuite pour travailler avec un logiciel particulier. Si la relation avec l’agence s’intensifie, il est intéressant d’investir dans le logiciel en question. Le nombre de projets que tu auras réalisés te permettra de couvrir largement cet achat.

Personnellement, j’aime beaucoup MemoQ. Je pense que la question du logiciel de traduction est aussi une affaire de goût.

– Penses-tu qu’il faut acheter tous les logiciels pour travailler ? Ca va me coûter cher…

Je pense qu’il vaut mieux avoir un Windows officiel, c’est la base ! Ce n’est pas si cher que ça et puis c’est plus sûr. Les agences demandent souvent avec quelle version de Windows tu travailles.

Il est hélas assez cher de travailler avec des versions officielles de logiciels quand on commence. Je conseille vivement d’acheter les logiciels bureautiques, et en particulier les logiciels de traduction et ta version de Windows (ou autre d’ailleurs). Dans le cas contraire, tu peux avoir des problèmes, mais comme beaucoup de monde j’imagine.

http://www.orsitranslation.com/reponses-a-une-traductrice-qui-souhaite-demarrer-son-activite/

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